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Côte d’Ivoire : Près de 50 jours sans Gon, le RHDP dans un dilemme, que ferait Ouattara si Gon Coulibaly est empêché ?


Publié le 20 Juin 2020 à 09:30
Source: Autre Presse
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Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, candidat désigné du RHDP pour la présidentielle d’octobre prochain, est en France depuis le 2 mai pour, selon un communiqué de la présidence de la République, un « contrôle médical ». Le même communiqué a précisé qu’« après des examens le lundi 4 mai à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il prendra quelques semaines de repos, ainsi que prescrit par le médecin ». Il s’est agi d’un examen de coronarographie qui consiste à visualiser les artères coronaires dont le rôle est d’apporter du sang au cœur.

Face à toutes sortes d’affirmations sur les réseaux sociaux, des plus rassurantes au plus alarmantes, selon les bords politiques, le président Alassane Ouattara et son Premier ministre se sont parlé par visioconférence le 12 mai. Cette « mise en scène  » avait-elle pu dissiper le doute chez ceux qui en avaient et rassurer davantage ceux pour qui le chef du gouvernement se porte bien ? En tout cas les commentaires qui ont suivi dette visioconférence sont des plus diversifiés. « On sent que le Premier ministre se porte bien », affirment certains ; quand pour d’autres, « sa mine ne rassure toujours pas ».

2 mai 2020-19 juin 2020, cela fait exactement un mois et 17 jours que le chef du gouvernement est hors du pays pour ce qui n’était qu’un simple contrôle médical. A moins que ce soit un contrôle consécutif à des signaux alarmants. Ce qui, en soi, est tout à fait normal car le corps humain est appelé à s’épuiser sous le poids du temps et des activités diverses. Dès lors, une pause pour un check-up s’inscrit dans l’ordre normal des choses. Et nul ne peut se réjouir de la maladie de son prochain étant entendu que personne n’y échappe.

L’état de santé des candidats à la présidentielle suscite un intérêt particulier

Mais là où le cas du Premier ministre suscite débats et interrogations, c’est qu’il s’agit avant tout du Premier ministre de Côte d’Ivoire qui, plus est, a été désigné comme le candidat du parti au pouvoir à la prochaine présidentielle qui s’annonce à pas de géant. A cinq mois de cette échéance tant attendue, l’état de santé des différents candidats suscite un intérêt particulier. Et ce d’autant que cela figure dans leur dossier de candidature à travers un bulletin de santé délivré par un médecin agréé.

 C’est pourquoi les Ivoiriens, avec à leur tête les militants du Rhdp, sont soucieux de savoir ce que devient celui qui a été adoubé par le grand patron pour défendre les couleurs de son parti face à une opposition qui, chaque jour que Dieu fait, se mobilise davantage pour se donner les moyens d’une victoire qu’elle pense être à sa portée. Car au-delà des déclarations lénifiantes et trompeuses, combien sont-ils au Rhdp qui n’ont pas conscience de leur impopularité sur la scène sociopolitique ivoirienne ?

Présidentielle d’octobre 2020, le dilemme Gon Coulibaly qui embarrasse le RHDP

D’où le refus des responsables de ce parti de créer les conditions idoines d’élections crédibles au sortir desquelles le vainqueur sera effectivement celui à qui les Ivoiriens ont donné leurs suffrages et le perdant, celui à qui ils ont refusé ces suffrages. Au Rhdp, les inquiétudes vis-à-vis des futures élections sont d’autant plus réelles que le choix du Premier ministre ne fait guère l’unanimité au sein du parti unifié. D’ailleurs deux hauts cadres, les ministres Amon-Tanoh et Mabri Toikeusse, ont clairement fait savoir leur désaccord. Le premier nommé a eu le courage de démissionner du gouvernement quand le second a été, lui, démis le 13 mai dernier.

Avec la santé précaire du Premier ministre, la question que beaucoup se posent aujourd’hui, c’est de savoir qui pourra lui être substitué en cas d’invalidité ? Dans son édition du 13 mai, l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique abordait cette précarité de l’état de santé du Premier ministre. Et levait un coin du voile sur la volonté du chef de l’Etat de décharger ce dernier de ses responsabilités administratives au profit de Patrick Achi. Cela lui permettrait de se consacrer à ses fonctions de président du directoire du Rhdp et de mieux préparer sa campagne pour la présidentielle.

Que ferait Ouattara si Gon Coulibaly est empêché ?

Mais si cette précarité devenait un empêchement absolu pour le Premier ministre dans la course à la présidentielle, que ferait alors le président Ouattara ? Convoquer à nouveau le Parlement en congrès pour revenir sur sa décision de ne plus se présenter ? Dans ce cas, de nombreux (jeunes) cardes du parti se verraient frustrés car cela voudrait dire qu’à part Amadou Gon Coulibaly, aucun autre cadre du Rhdp ne donne satisfaction au chef de l’Etat.

Pour éviter donc ce malaise et rester conforme à sa volonté de passer le témoin aux jeunes générations, Alassane Ouattara n’aurait d’autres choix que de désigner un autre moins âgé que lui. Et dans cette perspective, plusieurs scénario se présenteraient à lui. Parmi eux, un des plus surréalistes : faire appel à Guillaume Soro qui est à la fois jeune et rompu à la gestion de l’Etat pour avoir été Premier ministre et président de l’Assemblée nationale pendant plusieurs années.

Il y a également le président de l’Udpci, Dr Albert Toikeusse Mabri, dont le parti est ou était (c’est selon) la seule vraie formation politique membre du Rhdp en dehors du Rdr. Mais démis du gouvernement le 13 mai dernier, Mabri reste toujours silencieux quant à la position de son parti vis-à-vis du Rdhp. Puis pour boucler la boucle des dissidents, ou des « enfants rebelles » pour paraphraser le président Ouattara lui-même, nous citerons Marcel Amon-Tanoh, ancien ministre des Affaires étrangères considéré comme un fidèle parmi les fidèles de Ouattara depuis ses moments de braise. Il n’a pas caché ses ambitions de présidentiable.

Présidentielle d’octobre 2020, le dilemme Gon Coulibaly qui embarrasse le RHDP

Outre ces trois ex-proches du président Ouattara actuellement en dissidence, il y a ceux qui ont toujours su demeurer dans les rangs à l’écoute des mots d’ordre de leur mentor. Ce sont entre autres : Hamed Bakayoko, seul ministre d’Etat du gouvernement assurant l’intérim du Premier ministre. Il figure parmi les hommes de confiance du chef de l’Etat ; Achi Patrick qui s’est donné l’image d’un homme de dossiers et qui a su conquérir le cœur de son patron ; Amadou Soumahoro président de l’Assemblée nationale considéré comme un farouche défenseur du régime ; enfin son homologue du Sénat, Jeannot Ahoussou Kouadio, qui se veut le point de jonction entre le peuple Baoulé et le régime Ouattara.

A quelque cinq mois de la présidentielle d’octobre 2020, force est de constater que le président Ouattara et son Rhdp ne sont pas au bout de leur peine quant au choix de leur candidat. Le cas Gon Coulibaly est devenu un véritable dilemme dont la résolution ne manque pas de donner du tournis au parti au pouvoir. Le commun des mortels a voulu vite faire les choses pour gagner du temps. Mais les oracles sont toujours attendus. Tous les regards scrutent l’horizon.




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