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Côte d’Ivoire/ De graves révélations sur le coup d’Etat de 99 contre Bédié et la rébellion de 2002 : « Ouattara a été pressé de diriger le pays »


Publié le 29 Avril 2019 à 19:25
Source: Autres Source
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Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

Il y a quelques années de cela, avant que la tension ne monte entre Guillaume Soro, ses hommes et le parti au pouvoir, j'avais prédit qu'à l'orée de 2020,l'arme qui sera utilisée contre lui pour tenter de l'affaiblir, c'est la rébellion qu'il a géré et dont le RDR a été le plus grand bénéficiaire. Aujourd'hui, le constat est là. Implacable.

Incapable de faire de lui un étranger sur ses terres, ses adversaires, logés au sein du RDR, ont décidé de l'attaquer sur son action entamée de 2002 à 2010. Mais la question que l'on pourrait se poser est la suivante. Peut-on faire des omelettes sans casser des œufs ? Peut-on obtenir une alternance démocratique en Afrique sans passer par la force ? La France a-t-elle pu obtenir sa démocratie sans passer par une révolution ? Révolution qui a vu la tête du roi coupée et qui a vu tous ses proches décimés !

Les Etats-Unis ont-ils pu abolir l'esclavage, ont-ils pu se réunifier sans passer par la violence ? Il en est de même pour la rébellion de Guillaume Soro. Elle a permis une élection ouverte à tous qui a malheureusement abouti à une crise postélectorale qui a fait 3000 morts. Mais elle a permis au RDR d'être au pouvoir. Mais vu la manière dont ce parti gère le pays, cette révolution a-t-elle été nécessaire ? C'est la question que je me pose en ce moment.

Oui Guillaume Soro a été un rebelle et il ne l'a jamais nié. Mais Guillaume Soro n'avait pas pensé que la rébellion durerait dans le temps. Et la rébellion n'était pas leur projet, lui et ses compagnons, lorsqu'ils ont tenté de faire un coup d'État contre Laurent Gbagbo en Septembre 2002. La rébellion était leur plan B. Ne sachant pas à quel moment cette rébellion prendrait fin, était-il possible de penser à un projet de développement de la zone CNO?

Le faire équivaudrait à transformer cette zone en un Etat que Guillaume Soro gérerait. Cela équivaudrait à faire cession. Et la cession ne faisait pas partie de ses projets. Mais malgré cela, avec les maigres taux de taxation qui se prélevaient dans la zone, Guillaume Soro a réussi à mettre en place des embryons de structures sociales. Il a réussi à faire du social pour soulager les populations de leur pauvreté. Mais ces taxes prélevées avaient pour but principal d'entretenir ses troupes.

Ces taxes avaient également pour but principal d'acheter des armes pour sécuriser la zone et pour mener l'offensive militaire contre Laurent Gbagbo. Cette offensive applaudie par les pourfendeurs actuels de Guillaume Soro qui se trouvent au RHDP, le plus grand bénéficiaire de la rébellion. Et pour panser les plaies, les blessures des ivoiriens dues à la rébellion qu'il a déclenchée, Guillaume Soro ne cesse de demander pardon aux ivoiriens. Mais malgré cela, il se trouve encore des ivoiriens pour lui rappeler cette parenthèse malheureuse du pays.

Je voudrais leur rappeler que la rébellion est la conséquence des conflits que se sont engagés Bédié, le Prado et Gbagbo. Ce sont ces trois leaders politiques qui ont mis le feu au pays à travers leur guerre de succession d'Houphouët. Avant de condamner Guillaume Soro, il serait bon de leur demander des comptes. Eux qui n'ont pas encore eu l'humilité de demander pardon aux ivoiriens pour les actes qu'ils ont posés et qui ont provoqué la rébellion de 2002.

Guillaume Soro n'est que la victime de leurs guerres. Il est l'instrument par lequel ils ont embrasé le pays. Il est l'arme par lequel ils ont tiré sur le peuple. Il est également l'arme par lequel le RDR est arrivé au pouvoir. Ceux qui ont déclenché la gâchette de cette arme, ce sont nos trois leaders cités plus haut qui ont eu chacun avec Guillaume Soro, une relation particulière. En effet, si le Prado et Bédié ne s'étaient pas engagés dans une guerre de succession après la mort d’Houphouët, guerre qui a vu la naissance de l'ivoirité, on n'aurait pas connu le coup d'État de Décembre 99.

Si Gbagbo en 1990 n'avait pas traité le Prado de Burkinabé, Bédié n'aurait pas utilisé cela pour créer l'ivoirité afin de le combattre. Si Gbagbo n'avait pas poussé le Général Guei à exclure Bédié et le Prado de la compétition électorale de 2000, nous n'aurions pas connu d'élections calamiteuses. Si Gbagbo n'avait pas enfourché le cheval de l'ivoirité, la rébellion n'aurait pas eu lieu. Si le Prado avait accepté le successeur qu'Houphouët avait désigné avant sa mort, s'il n'était pas pressé de diriger le pays et qu'il avait laissé Bédié finir tranquillement son mandat, la Cote d'Ivoire n'aurait pas connu de guerre de succession.

Et c'est le pauvre Guillaume Soro qui a dû prendre son bâton de pèlerin pour tenter de créer un dialogue entre ces trois leaders après la signature de l'accord politique d’Ouaga en 2007. Malheureusement, ce dialogue n'a pas prévalu. En 2010, ces trois leaders se sont de nouveau affrontés et cela a provoqué 3000 morts. C'est pourquoi en 2020, il faut que nous priions pour qu'aucun de ces trois leaders qui ont embrasé le pays en utilisant les jeunes comme KKB, Blé Goudé et Guillaume Soro, ne se présentent plus aux élections présidentielles. Sinon, si l'un d'entre eux venaient à gagner, j’ai bien peur que la Cote d'Ivoire ne retrouve puisse retrouver sa tranquillité.


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