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Guillaume Soro : « que de sacrifices consentis pour cette cause, c’est bien cela, la dictature ! »


Publié le 06 Juin 2021 à 13:22
Source: lecourrierquotidien.com
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Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

Devoir de mémoire : le discours de Guillaume Kigbafori Soro, le 19 septembre 2013 relative aux événements du 19 septembre 2002. 

Chers Tous, Dans quelques heures, sonnera à coup sûr le 19 Septembre 2013. Je ne serai pas disponible dans le courant de la journée. Aussi profiterai-je maintenant pour saluer mes compagnons du 19 Septembre 2002. Ce jour là, j’ai compris à quel point la limite entre la VIE et la MORT est parfois bien mince.

Le 19 Septembre 2002 est l’histoire d’une surprise et d’un devoir tragiques. Une Histoire qui montre à quel point l’impuissance et le désespoir d’une partie du peuple peuvent se transformer en énergie et en pugnacité. Tant que personne ne mourrait, tout cela n’aurait été que technique. S’il n’y avait pas eu de sang versé, tout cela n’aurait été qu’une joyeuse aventure.

Hélas ! De jeunes gens parmi nous ont perdu la vie dans le combat pour la dignité et la liberté. Dignité, Liberté ai-je dit ! Un peuple bafoué et manquant de tout, se découvre parfois une capacité d’abnégation et de détermination insoupçonnée. Bafouer, exclure, discriminer, catégoriser un Peuple, c’est bien cela, la dictature !

Citoyens, ne vous y trompez pas ! Le sourire et le rire ne rendent pas une dictature moins amère ni moins démesurée. Quand nous réclamions des aurores pleines de promesses, la dictature se complaisait dans la nuit des tombeaux. Une question lancinante se posait à nous avec acuité: le fragile pot de terre pourrait-il résister à la puissance du terrible pot de fer? 

Hélas ! les ruines sont leur marque distinctive, ces dictatures. Dans tous les régimes autocratiques, aussi affaiblis soient-ils, une maladie commune demeure cependant, incurable: celle qui consiste à voir mais d’être malgré tout aveugle. 

Regarder sans voir ! Le constat est amer. Dans le silence mortifère, tout à nos larmes, nous devions résister, oui résister, face aux chantres de l’hymne à la guerre. Oui, nous avons été traités de tous les noms maléfiques, mais Dieu donne toujours la Victoire à qui il choisi. Bien sûr, comme toujours, les hommes manifestent un flair certain pour savoir à quel moment revendiquer la victoire, à quel moment se l’auto-approprier.

Aujourd’hui la Côte d’Ivoire a repris son souffle. L’économie retrouve des couleurs. La vie politique continue son cours. Les Ivoiriens se parlent à nouveau. Bientôt ils seront réconciliés. La Côte d’Ivoire reprend sa place dans le concert des nations. Mais que personne n’oublie: il y eut un certain 19 Septembre 2002.

Que de sacrifices consentis pour cette cause, dont nous porterons encore longtemps les stigmates bien visibles sur nos corps et enfouis dans nos âmes! Patrie! Tout à ton triomphe, avance pour le bonheur de ton Peuple ! Merci.




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