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Italie : Voici l’intégralité des vrais papos de Soro sur Ouattara, le RDR, la CEI, Gbagbo, Blé Goudé


Publié le 05 Novembre 2019 à 09:25
Source: Autre Presse
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Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

Jamais Guillaume Soro n’avait fait autant de révélations en une seule cérémonie (samedi 2 novembre 2019 à Milan, en Italie). Nous vous propose l’intégralité des vrais « papos » de Soro sur Alassane Ouattara et le RHDP, le RDR et ses complots présumés contre sa personne, la CEI « stipendiée », Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Henri Konan Bédié… A lire.

Chers crusheurs, vous le savez déjà, je suis candidat à la présidentielle d’octobre 2020. C’est décidé, c’est définitif. J’ai décidé d’être candidat parce que j’aime la Côte d’Ivoire. Quand je dis que j’aime la Côte d’Ivoire, ce ne sont pas des mots démagogiques. Cet amour m’a amené, des décennies, à consacrer ma vie au combat que j’ai jugé utile et bon. Depuis mes années étudiant, j’ai essayé d’apporter ma contribution à l’édification de notre nation et de notre pays. J’aime la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi j’ai aussi accepté de faire de sacrifices sur ma vie pour mon pays. Nous avons souffert. Mais nous avons accepté les souffrances, les sacrifices au nom de la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi il me plait particulièrement de venir ici à Milan pour rencontrer mes compatriotes pour cet exercice.

Je le ferai partout où cela sera possible. (…) Je ne suis pas seulement à la recherche d’un électorat mais à la recherche de la construction d’une nation. Ce qui, pour moi, est le plus important. Ce qui me guide, c’est le bien-être de nos concitoyens. Nous ne devons ménager aucun effort pour aller partout pour rencontrer nos compatriotes.

Et c’est ce que je fais. Après l’Italie, j’irai encore en Grande Bretagne, certainement dans un hôtel pour rencontrer les Ivoiriens. J’ai décidé d’être candidat et je suis déterminé parce que le combat que nous avons engagé depuis 1990 sous Félix-Houphouët- Boigny pour réclamer le multipartisme, ce sont les étudiants qui sont descendus dans la rue.

Nous avons obtenu le multipartisme et notre espoir était grand de voir la Côte d’Ivoire  leader dans le multipartisme mais dans la démocratie. Aujourd’hui, je suis candidat parce que je ne suis pas satisfait de mon pays. La démocratie pour laquelle nous nous sommes battus n’est hélas pas au rendez-vous en Côte d’Ivoire. La démocratie est en péril, elle est en danger. J’avais le choix soit me coucher pour avoir le foin ou dire non. Je comprends certains de mes amis qui me disent « monsieur Soro, tu aurais pu rester à la maison ».

J’ai dit non. Je ne suis pas un hypocrite. Quand on s’est battu, ce n’était pas pour que les gens aillent en prison, pour que les libertés fondamentales soient embrigadées. Nous ne nous sommes pas battus pour ça. Je ne me suis pas battu avec mes amis pour qu’en 2018 des jeunes Ivoiriens soient tués parce qu’ils ont voulu faire un rassemblement politique. Je pense à Soro Kognon. Je demande que la justice qui est prompte à attraper des députés et les jeter en prison pour un tweet soit laxiste quand il s’agit de mettre un tueur en prison. Ce n’est pas cela que nous avons souhaité pour notre pays.

On ne s’est pas battu pour que des gens encagoulés continuent de venir enlever des gens pour soit les exécuter ou les envoyer en prison. Nous ne nous sommes pas battus pour que le droit inaliénable qu’a chaque citoyen de décider pour lui-même soit pris en otage et l’objet de chantage. Comment imaginer qu’en 2019, alors que nous nous sommes battus en 90 pour que les Ivoiriens aient le droit et la possibilité de militer  dans le parti de leur choix, on vienne nous dire ou bien vous devenez Rhdp ou bien on vous chasse de votre travail.

RECUL DÉMOCRATIQUE SOUS OUATTARA

C’est 30 ans en arrière ça. Je me souviens qu’en 90, au temps du parti unique, contre notre volonté, on était tous dans un même parti politique. C’est ce que nous avons refusé en nous battant. Houphouët qui était un demi-dieu consacré à l’Afrique et un dieu plein en Côte d’ Ivoire a quand même accepté qu’il y ait le multipartisme et que chacun milite dans le parti de son choix. Avec Houphouët-Boigny, on pouvait être FPI, Pit, Usd sans être renvoyé de son poste. 30 ans après, quand tu n’es pas RHDP, on te chasse. Comment vous voulez que je me couche.

Nous qui nous sommes battus, à cette époque, pour obtenir le multipartisme, je serai lâche de me coucher. C’est au-delà de mes forces. Ce n’est pas que je nargue quelqu’un. Chacun doit être libre de militer dans le parti qu’il souhaite sans se faire menacer, sans avoir peur. Laissez la dignité des citoyens Ivoiriens aux Ivoiriens.

Comment voulez-vous qu’on me dise, monsieur Soro, ou bien vous êtes RHDP ou bien on vous chasse ? Après, si je vais au RHDP, je me regarde comment dans un miroir ? Si mon fils me pose la question, je lui réponds comment ? En politique, il ne faut pas pousser les gens à bout. Sinon Bédié, ce n’est pas un homme violent. On l’a poussé dans le corner. Du coup, il se dit, j’ai 86 ans, je ne vais quand même pas laisser ma dignité et me faire honnir devant mes petits-enfants.

Il a décidé de faire front. Voici pourquoi Bédié est encore là. Maintenant, il dit : « Venez me tuer ça va finir ». Bédié a essayé de signer des petits papiers, essayé de dribbler mais on lui a répondu non, il faut dissoudre le PDCI et tu entres dans le RHDP. Maintenant, il sort ses petits français et vous êtes fâchés. Si vous n’aviez pas provoqué Bédié, est-ce qu’il allait faire ça ? Moi, j’étais assis à l’Assemblée et je me disais, c’est toi Guillaume qui est assis et tu ne parles pas.

On te pousse, on te pousse…mais vers la fin, il y a ta dignité qui reste. Laissez-nous nous notre dignité. Ce n’est pas une question d’argent, une question de poste. Vous pouvez tout nous prendre…On est allé enquêter sur les biens de Guillaume Soro à l’étranger. On dit il faut tout lui arracher, il va devenir pauvre. Comme ça, quand il sera pauvre, il va venir nous demander de l’argent. Même pauvre, je ne vais quand même pas demander pardon. Nous avions pensé qu’on avait élu un président pour nous rendre riches.

Mais on a élu un président qui cherche nos biens pour les arracher pour nous rendre pauvres. Et quand on parle du taux de pauvreté en Côte d’Ivoire, on se plaint. C’est cela la croissance appauvrissante. Chers amis, je suis là pour dénoncer la terreur d’Etat. Cette terreur d’Etat où partout vous ne passez sans qu’on vous menace de mort, d’exécution. Tel jour où je ne me réveille pas sans qu’on ne dise qu’un tel est parti proposer au président de tuer Guillaume Soro. Vous aussi, vous voulez tuer tout le monde ? Alors que vous-mêmes, on ne vous a pas tués. (…) Quand on est président, ce n’est pas pour tuer ses populations.

C’est pour cela que je suis candidat. Quand nous serons élus à la présidence de la République, aucun opposant ne devrait encore avoir peur de sa sécurité et de sa vie sous aucun prétexte. Nous allons considérer l’opposant comme des partenaires à la vie et à la marche démocratique dans notre pays. Ce n’est parce qu’on est opposant qu’on n’aime pas notre pays. On a des divergences sur la manière de voir notre société. C’est pourquoi je suis candidat.  (…) Je suis candidat pour que les Ivoiriens n’aient pas peur des élections.

Les Ivoiriens ont peur parce qu’aux élections, on fraude. Les élections, ça devrait être un moment d’une finale de football, passionnée mais festive. Mais déjà à 1 an des élections, des gens commencent à avoir peur et commencent à sortir leurs familles du pays. Pourquoi à chaque fois, on doit créer la psychose dans le pays à cause des élections ? Je suis candidat pour faire des élections un fait banal dans le pays. L’opposition et le pouvoir seront tellement rassurés que ce sera un fait banal. Les gens ont peur lorsqu’ils voient cette CEI.

Tous ceux qui sont à la CEI, il n’y a pas un qui peut regarder Alassane Ouattara dans les yeux. C’est une CEI aux ordres. Ils ont déjà le nom du président avant que l’élection se tienne. Ecoutez toujours les criminels, ils racontent toujours leurs crimes. L’un a fait une conférence il y a quelques jours où il a dit que le RHDP a 3.700.000, adhérents. Les 3.700.00 c’est le chiffre qu’ils ont communiqué à la CEI de proclamer pour le premier tour. Sachez écouter les criminels, ils racontent toujours leurs crimes.

Quel parti a 3.700.000 adhérents ? C’est que c’est un parti chinois. En France, ils sont 70 millions d’habitants. Le parti de Macron a 418.000 adhérents. RHDP, en Côte d’Ivoire avec 25 millions d’habitants, 3.700.000 adhérents. Le criminel raconte toujours son crime. Le parti libéral canadien de Justin Trudeau qui vient d’être élu, ils sont entre 300 et 400 mille pour une population de 35 millions d’habitants. Et en Côte d’Ivoire, on vient nous dire qu’on est à 3.700.000.

Ce sont ceux-là qui gâtent le nom d’Alassane. En France, j’ai rencontré des personnalités de la sphère politique française, Alassane a encore une belle image devant eux. Mais quand tu leur dis le nom de certains de ses collaborateurs, ils te disent, ce sont ses truands. Comment Alassane peut travailler avec des truands comme ça ? Des truands dont certains sont irrécupérables.

Cette CEI ne peut pas organiser les élections en Côte d’Ivoire. Cette Cei va brûler la Côte d’Ivoire. Moi, je préfère prévenir. C’est parce que je ne veux pas que la Côte d’Ivoire brûle que je parle maintenant. Ceux qui ont la mémoire courte et ne se souviennent pas de moi, j’ai été premier ministre et c’est moi qui ai organisé les élections de 2010. Ceux qui ne se souviennent pas de moi alors que j’ai été premier ministre, ce sont eux qui, quand ils me voyaient, m’appelaient toujours, excellence.

La CEI ne peut pas organiser les élections. L’Onu, la communauté internationale, l’Union européenne ont investi des millions d’euros en Côte d’Ivoire pour organiser l’élection présidentielle de 2010 et montrer à la face du monde comment est-ce qu’on organise une élection transparente et démocratique. Et exceptionnellement, en Afrique, pour la première fois, les Nations-Unies ont utilisé ce qu’on appelle un mandat de certification des élections.

RÉVÉLATIONS SUR LA CEI

En réalité, en mettant ces millions d’euros en Côte d’Ivoire, l’Union européenne et l’Onu avaient pour objectif de mettre en place un mécanisme électoral en Côte d’Ivoire qui allait être la vitrine des bonnes élections en Afrique et qui allait être enseignée et exportée après dans les autres pays. En réalité, l’Onu a voulu dire vous voyez comment est-ce qu’on a mis la CEI en Côte d’Ivoire et comment est-ce que les élections ont été organisées en Côte d’Ivoire. Pays africains, c’est comme ça que vous devez faire.

C’est pourquoi je suis choqué que ce modèle qui a coûté des milliards au contribuable européen, qui aurait pu être un cas d’école pour l’Afrique, qu’en moins de 10 ans, il est en train de s’effriter. Reconnaissons quand même à Gbagbo pour avoir le mérite que sa CEI était présidée par son adversaire et ses opposants. Et pourtant, on disait que Gbagbo était un dictateur. C’est moi qui ai fait nommer Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI. Le premier que j’ai voulu proposer à la tête de la CEI, c’est Essy Amara. Quand je l’ai appelé, il a dit qu’il était malade. Après Essy Amara, j’ai appelé Réné Amani.

J’ai envoyé Amani N’guessan Michel, je lui ai dit « monsieur le ministre, réquisitionnez-moi Réné Amani ». La nuit, on est allé le réveiller, on l’a escorté avec motard et on l’a envoyé à mon bureau. Je lui ai dit : « Réné Amani, il faut diriger cette CEI ». Il a dit qu’il est malade. Je suis allé voir Bédié, il m’a proposé Kakou Gervais. Gbagbo a dit qu’il n’était pas d’accord pour Kakou Gervais. C’est comme ça que j’ai proposé Youssouf Bakayoko et Gbagbo a accepté.

Et en Côte d’Ivoire, aujourd’hui, ils disent que Guillaume n’a rien fait. Il n’y a pas de problème. C’était des moments épiques, palpitants. C’est comme ça que j’appelle Bédié, Ouattara, les uns et les autres et on a fait élire Youssouf Bakayoko. Youssouf Bakayoko était du PDCI, son adjoint, Amadou Soumahoro était du RDR. Mais malgré cela, Gbagbo a accepté d’aller à des élections. Comment Alassane Ouattara qui vient du Fmi, qui connait les droits de l’homme, tu viens nous mettre une CEI où tout le monde vient de ton parti.

Et vous voulez que je me taise. Est-ce que cette Cei est bien pour son image ? Quel bonheur ce sera que le Rhdp se fasse élire par un président de la CEI issu de l’opposition ! Là, il n’y a pas de discussion. C’est ça la belle victoire. Si ton cousin  que tu nommes à la CEI vient dire que tu as gagné. Il n’a rien dit d’autre. Ça je ne sais pas pourquoi quelqu’un ne peut pas dire au président, pour ta notoriété, sur les questions de démocratie, la CEI, donne à l’opposition. (…) Comme j’ai dit ça, il faut m’insulter demain. Mais le problème, c’est quand tu as autour de toi des aigrefins….Ce sont eux qui poussent Alassane. Quand Alassane aura des problèmes, ce sont ces aigrefins qui vont courir pour dire qu’on lui avait donné des conseils. Aigrefins, c’est escroc.

Je demande à Alassane Ouattara de faire attention aux aigrefins. (…) Un grand président n’entre pas dans les détails de la CEI. Où on dit il faut surveiller la CEI, tout le monde doit être de ta famille. Il faut surveiller le Conseil constitutionnel. Si tu es sûr de gagner, pourquoi tu fais ça ? Gbagbo était sûr de gagner, il a donné la CEI à l’opposition. 

Chers amis, je suis venu pour demander à chacun d’entre vous de porter notre candidature. J’ai lancé un mouvement citoyen, le Gps. Ce n’est pas un parti politique, c’est un mouvement citoyen. Ça veut dire que tous les membres des partis peuvent militer au Gps. C’est-à-dire le Mdi, le Raci, MVCI, Ids, Côte d’Ivoire debout, même certains qui sont au PDCI, au FPI, vous pouvez adhérer au Gps. Ça ne vous fait pas quitter vos fonctions dans votre parti. Macron a été élu. Mais il y a des gens de la gauche qui l’ont voté, de même que des gens de la droite.

On peut être PDCI, FPI, RHDP, mais on sait dans son for intérieur que c’est Guillaume qu’il faut pour diriger la Côte d’Ivoire, je m’en vais m’inscrire tranquillement au Gps. Surtout que les données sont sécurisées. Nos serveurs sont quelque part dans le monde. Ceux qui ont peur qu’on voie leurs noms, qu’ils soient rassurés, on ne les verra pas. (…) Les membres du Raci, continuez vos activités, le Mdi, continuez dans votre parti, Côte d’Ivoire debout, installez vos bases mais demandez à vos militants d’adhérer au Gps.

Parce que je vais signer une affiliation. Les partis qui veulent s’affilier, je vais signer avec eux et puis on va avoir une conférence des présidents. Le Raci doit aider le Gps à s’installer. Le Gps doit aller chercher d’autres personnes qui ne sont pas RACI, Mdi. Parce qu’il y a des gens qui ne veulent pas militer au RACI, à Mdi, à Côte d’Ivoire debout. C’est leur droit. Mais ils peuvent venir militer au Gps parce que c’est un mouvement citoyen. Sinon si je transforme RACI, Mvci, Côte d’Ivoire debout en Gps, je n’ai rien fait. Or le Gps veut aller au-delà.

(…) Je veux être candidat et élu pour réconcilier la Côte d’Ivoire. Faites de moi le prochain président de la Côte d’Ivoire et je vous offre la réconciliation, le pardon, le rassemblement. Parce que seule la réconciliation peut sauver la Côte d’Ivoire. Je ne pouvais pas rester au Rhdp parce qu’ils continuent de diviser les Ivoiriens. Moi, je ne veux pas diviser les Ivoiriens.

La rébellion de 2002 était un cri du cœur pour dire que nous voulons vivre aussi sur la terre de nos ancêtres, nous voulons vivre avec les autres ethnies, ne nous chassez pas, ne faites pas de nous des apatrides, des exclus, nous voulons vivre avec vous en harmonie en nous donnant la main les uns les autres. Nous n’avons pas fait la guerre pour dire qu’il faut chasser les autres ethnies de Côte d’Ivoire. Quand on dit qu’il faut garder le pouvoir au nord, c’est tellement dangereux, on est en train de liguer et de monter les autres ethnies contre le nord.

C’est dangereux. C’est pourquoi nous, fils du nord, on n’est pas dans ça. Si on continue dans ça, on va venir nous frapper nous tous pour dire qu’on est même chose. On n’est pas même chose, nous ne sommes pas dedans. (…) Moi, je me suis déjà levé, j’ai demandé pardon à la Côte d’Ivoire, aux Ivoiriens et aux acteurs politiques. Je continuerai à demander pardon. J’ai demandé la libération des prisonniers politiques et du FPI.

J’ai demandé la libération de Gbagbo et de Blé Goudé. D’ailleurs, Affoussy a rencontré Blé Goudé, ils ont arrêté la date de ma visite à Blé Goudé. Après Londres, je vais aller voir Blé Goudé. Les aigrefins iront encore dans le Nord pour dire que Guillaume Soro va aller saluer Blé Goudé, il va ramener ceux qui ont tué vos parents. Arrêtez ce discours, c’est contre-productif. Donc on doit rester éternellement en palabre. Même au Rwanda, en Afrique du Sud, ils se sont réconciliés. Aucune ambition électorale ne devait permettre de tenir ce genre de discours aux populations du Nord.

Blé Goudé, c’est un Ivoirien, c’est mon frère, il était mon secrétaire à l’organisation à la Fesci. On a été en prison, lui et moi ensemble, plusieurs fois. Blé Goudé m’insultait, c’est vrai. Mais ce que vous me faites aujourd’hui, c’est plus que ses injures. Ce n’est pas vous qui écrivez partout que je suis djihadiste, un chrétien qui est djihadiste. Blé Goudé, au moins, ne me disait pas ça.

Moi qu’on insultait, je dis ça ne fait rien, je vais aller le voir. Où est votre problème dedans ? C’est cela la réconciliation. J’irai voir Blé Goudé pour le saluer. Je demande la libération de Gbagbo pour la Côte d’Ivoire. Parce que si Gbagbo et Blé sont libérés, on ira en Côte d’Ivoire pour sceller la réconciliation. (…) Est-ce qu’on sait l’ampleur du choc qu’on crée lorsqu’on met des millions de personnes en prison.

Ces gens qui sont morts en prison, des familles cassées, des enfants qui, aujourd’hui, ne vont plus à l’école, la haine que ça crée. C’est ce que je suis en train d’expliquer. Il nous faut faire la réconciliation. Le salut de la Côte d’Ivoire, c’est la réconciliation. C’est pourquoi, je dis, que les hommes politiques aient un peu d’humilité pour demander pardon à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens. Chacun     a fait au moins quelque chose. Demandons pardon.

Je vous demande de porter cette candidature. En 2020, je m’engage, si vous portez cette candidature, à faire en sorte d’être élu au soir d’octobre 2020. Nous serons élus. Et comme les gens parlent d’hôtel, dès qu’on est élu, on va inviter le président Ouattara, qui a prêté serment dans un hôtel, de descendre à la réception pour poser les clefs et on va prendre.

« PREMIER MINISTRE DE GBAGBO : CERTAINS AU RDR AVAIENT DIT QUE J’AVAIS TRAHI »

Au RDR, beaucoup ont dit que j’avais trahi. Au RDR, certains ont dit : « Mais Guillaume, il nous a trahis, on lui a dit de tuer Gbagbo et va devenir premier ministre de Gbagbo ». Il y a une autre catégorie de membres du RDR qui, eux, étaient à côté d’Alassane, qui allaient dire que c’est une erreur stratégique, Guillaume Soro nommé premier ministre. Parce que le leader Alassane avait été le leader incontesté du Nord parce qu’il avait été Premier ministre. Donc si Guillaume Soro devient premier ministre, il va effacer Alassane dans le nord.

Donc ceux-là étaient contre le fait que je devienne Premier ministre. Certains d’entre eux sont allés voir des chefs de guerre à Bouaké pour leur dire de tuer Soro Guillaume parce qu’il a trahi Alassane. Ils sont allés dire à certains chefs de guerre qui me l’ont dit. Il y a certains qui avaient peur croyant que moi j’allais faire de l’ombrage à Alassane. Parce que Alassane ne se targuerait plus d’être le seul Premier ministre du nord.

Il y avait désormais quelqu’un d’autre qui a été Premier ministre du nord, Guillaume Soro et ils n’étaient pas d’accord. Et ils ont commencé à dire que j’ai trahi Alassane. Tous ceux qui disaient ça, ne rêvaient que de me voir tué. Et ça n’a pas manqué. J’ai été nommé en mars et trois mois après, on a tiré sur mon avion, on a voulu me tuer. Quand les gens voulaient bavarder, j’ai dit laisser mon attentat, je sais qui a fait ça.

Je n’ai jamais rien dit au nom de la paix. Mais je sais exactement comment ça s’est passé. Soyons honnêtes. Parce qu’en Côte d’Ivoire aujourd’hui, c’est ça qui est difficile, les gens mentent tout le temps. Ce qui fait que nous-mêmes, on n’est plus crédible. Parce que vous avez tellement été habitués à voir des gens vous trahir, vous mentir sur des faits que vous pensez que tout le monde ment.

« GBAGBO DOIT RECEVOIR AFFI »

La question est de savoir pourquoi Laurent Gbagbo hésite à me voir. Je ne sais pas s’il hésite à me voir. Mais moi, je suis disponible. Le jour où le président Gbagbo est d’accord pour me voir, je me présenterai à lui. Il ne faut rien forcer ni précipiter. Je pense que la réconciliation, on doit la faire. Le président Gbagbo, on ne s’est pas vu c’est vrai, mais nous avons des gens qui sont en contact qui se parlent. Il faut laisser le temps au temps.

Ceci dit, je voulais parler à certains Gor (ndlr : Gbagbo ou rien). Voyez-vous, certains pensent que je suis naïf, je ne comprends rien. En Côte d’Ivoire, chacun a ses ambitions. Mais je sais que certains qui sont avec Gbagbo, leur idée c’est de souhaiter que l’Eternel des armées fasse descendre son feu pour brûler Alassane Ouattara et Guillaume Soro. Ou bien, ils souhaitent qu’Alassane et moi l’un tue l’autre. Si Alassane me tue, ils vont se réjouir.

Ils diront que de toute façon, ils sont à la base de nos malheurs. Mais ce n’est pas ça la solution. J’invite les frères GOR à changer de mentalité. Vous savez pourquoi Gbagbo est encore en prison ? C’est à cause de nos divisions. Parce qu’il y a certains GOR qui croient, qui pensent que la solution viendra du fait que Guillaume soit tué ou Alassane soit tué. On ne peut être chrétien et souhaiter que quelqu’un meure. Il ne faut pas souhaiter la mort des gens.

Ce n’est pas si je meurs. Plutôt que de souhaiter que Guillaume Soro meure, allez dire à Gbagbo Laurent de faire la réconciliation. S’il fait la réconciliation, il sera libéré. Je n’ai pas dit avec moi. Moi, je n’ai pas de problème, je ne suis pas encore en prison, j’arrive à me promener, je fais ce que je veux. Il n’a qu’à se réconcilier avec Affi N’guessan, avec Simone Gbagbo. Il n’a qu’à unifier son camp. S’il unifie son camp, il sera fort. C’est important.

« Je ne me pose pas en donneur de leçons. Qui suis-je ? Mais s’il ne fait pas l’union sacrée autour de sa personne avec Affi, Mamadou Koulibaly, Simone Gbagbo, il va durer en prison ».

Moi, quand je me levais pour demander la libération de Gbagbo, en ma qualité de président de l’Assemblée nationale, je sais que ça a énervé Alassane Ouattara, ça a gêné la CPI Mais est-ce que c’est Gbagbo qui m’a demandé de le faire ?  Je me suis dit, si on veut sauver ce pays, il faut que Gbagbo soit libéré. J’ai été la première personne à demander sa libération.

Et ce n’était pas parce que je souhaitais que Gbagbo me reçoive en audience. (…) Vous croyez que moi aussi je n’ai pas de grief ? Mais j’ai laissé tomber ça. Je demande pardon à Bédié, Gbagbo, Ouattara. Mais il faut que Gbagbo aussi, pour que l’opposition soit forte, pour sa libération aussi, pour que nous tous on se mette d’accord pour chanter, danser et réclamer sa libération, qu’il se réconcilie avec Affi, avec Mamadou Koulibaly, qu’il remette ensemble tous ses lieutenants pour devenir leur chef.

Ça va nous faciliter la tâche ainsi qu’à Bédié pour que nous nous mettions tous ensemble pour être unanimes pour réclamer sa libération. Mais si tu es en palabre avec tous ces gens, ça retarde ta libération. C’est ce que je peux dire à Gbagbo. Il n’a qu’à ressouder les Fpi, il n’a qu’à recevoir Affi N’guessan, qu’il parle avec Mamadou Koulibaly, il n’a qu’à rassembler son camp. Si Gbagbo réconcilie son camp, Bédié est là, moi-même je suis là, nous tous on est là, on se met ensemble, on sera fort. Quand il dit que c’est lui et Bédié seulement, ce n’est pas suffisant et les autres ? Même si c’est Bédié et Guillaume, ce n’est pas suffisant. Si on est divisé, on peut faire quoi ?    

« DES TRUANDS QUI VEULENT M’ENSEIGNER L’ÉCONOMIE »

Des gens qui disent que Guillaume Soro va diriger avec qui, il n’a pas d’hommes pour gouverner. Alassane, lui, il gouverne avec qui ? Il y a des gens là-bas, même Bepc ils ont eu problème dessus. Est-ce qu’il ne gouverne pas ? Nous avons docteurs, maitrises etc. des truands qui n’ont pas diplômes et qui veulent faire de l’esprit, qui veulent m’enseigner l’économie. Mais moi j’ai toujours eu des doutes. Parce qu’en écoutant ce truand, son discours est saccadé, quelquefois asémantique et agrammatical. 

« MON AIDE DE CAMP A ÉTÉ RADIÉ DE L’ARMÉE »

Je vois des gens spéculer sur mon retour, d’autres disent Guillaume est en exil. Je ne comprends pas. Les gens du RHDP doivent m’aimer. Pourquoi mon agenda les intéresse ? Ils ne regardent même pas l’agenda d’Alassane. Je suis en train de m’organiser pour venir au pays pour faire ma campagne. Ça vous intéresse en quoi ? Je viendrai quand je suis prêt. Dites au RHDP de laisser mon programme tranquille. Je suis maitre de mon agenda.

Concernant l’histoire du passeport, j’ai reçu mon passeport. Il y a quelqu’un qui est allé dire au président que lorsque j’avais déclaré que mon passeport était perdu, ce n’est pas vrai et que moi, je suis en contact avec le Hezbollah. Et comme je suis en contact avec le Hezbollah et que je suis allé dans des pays, j’ai déclaré mon passeport perdu pour ne pas qu’on voie les cachets de ce pays dans mon passeport. Ils ont écrit une lettre au FBI.

Moi, je suis chrétien catholique. Si on doit chercher parmi mes djihadistes, c’est parmi eux-mêmes. Je n’ai jamais vu un chrétien catholique djihadiste. Donc c’est parmi eux-mêmes. C’est la raison pour laquelle ils ont bloqué mon passeport. Comme c’est au FBI ils ont dit, ils vont mener leurs enquêtes. Mon aide de camp, Fofana, est allé chercher mon passeport (…) Mon aide de camp Fofana, on vient de le radier de l’armée, lui-même ne savait pas.

Ce que je ne comprends pas, Alassane, lorsqu’il était dans l’opposition et moi Premier ministre, on lui a donné 20 gendarmes pour sa sécurité. Moi, à mon tour, un simple aide de camp, on le radie de l’armée. Voilà quelqu’un dans le combat pour qu’Alassane soit président, on a tiré sur lui à bout portant. Il serait mort aujourd’hui j’allais faire comment ? Ce n’est pas Gbagbo qui l’a radié, mais c’est celui pour qui il a pris une balle qui l’a radié. Après, on viendra dire qu’on a trahi Alassane. Donc nous, on regarde Alassane aller dans le trou, on va le suivre, après la population va se lever pour venir nous frapper nous tous. Moi, je ne veux pas me laisser frapper bêtement comme ça, donc je me suis retiré.




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