Actualités - Présidentielle 2020

KKB n’est pas candidat contre Bédié, mais contre Billon, Thiam et Co


Publié le 29 Juin 2020 à 10:55
Source: Autre Presse
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Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

La Convention du PDCI, qui est prévue fin juillet, verra-t-elle un affrontement sans pitié entre Henri Konan Bédié (HKB), président indéboulonnable du parti, et le “jeune insolent” Kouadio Konan Bertin (KKB) ? Ce n’est pas si sûr.

Aujourd’hui, l’on est loin de la configuration de 2015, quand KKB défiait ouvertement un HKB qui choisissait de “sacrifier” une candidature PDCI sur l’autel du RHDP. Le “petit” est revenu à la maison et, en dépit de ses rodomontades, il compte bien y rester. Dans son interview à Jeune Afrique, il l’a affirmé sans ambages. “Si les choses se déroulent normalement, de façon démocratique, et que je suis convaincu que j’ai été battu à la régulière, je m’alignerai sur la décision de la convention car je suis un militant discipliné (...) Si je suis battu à la régulière, je ne serai pas candidat indépendant”.

"Il y a des noms que j'entends"

KKB veut prendre date. Il a bien l’intention de jouer de son image d’héritier rebelle, courageux, qui réclame la modernisation et la démocratisation du parti. Il est déjà dans la perspective de la “guerre des héritiers” d’Henri Konan Bédié. Il a été échaudé par les signaux qui ont laissé entrevoir une sorte de “succession monarchique” qui aurait mis en avant Tidjane Thiam à la faveur de ce scrutin de 2020.

Il a aussi senti le poids de l’argent et des réseaux d’un homme comme Jean-Louis Billon. C’est pour cette raison qu’en mars dernier, lors d’une période de flottement, il a fait éclater sa frustration. “Il y a des noms que j’entends. Thiam, c’est notre frère, moi je n’ai rien contre lui, il était ministre quand Bédié était au pouvoir. Quand il y a eu le coup d’état, il est parti il n’est plus revenu ici. Nous avons avons supporté le parti jusqu'à aujourd'hui”, a-t-il rappelé.

Apostrophant Billon, il a dit : “Quand on faisait la campagne de Bédié en 2010, tu étais maire de Dabakala, tu étais indépendant. Après ça tu es venu président de région RDR devant moi. Comme Ouattara t’a chassé, maintenant tu reviens au PDCI et puis trois ans après, tu es le plus intelligent. Tu es le candidat du parti au nom de quoi ?”.

Légitimité militante

Sachant qu’aucun cadeau ne lui sera fait, et qu’il n’a ni fortune ni réseaux internationaux, KKB entend bien jouer la carte de la légitimité militante. Et se positionner en alternative. C’est pour cela qu’il revient sur des propos pourtant récents. En mai dernier, il affirmait que “Henri Konan Bédié est le candidat naturel” de son parti. Et que s’il n’était pas candidat, “tous ceux qui voudront l’être seront obligés de se soumettre à l’épreuve des primaires”.

A-t-il changé d’opinion ? Non, il est tout simplement en train de jouer le coup d’après, de créer un rapport de forces qui empêchera les forces qui s’opposent à lui au sein du PDCI de le balayer dans le cadre de la construction de l’après-Bédié. Après une victoire ou une défaite en octobre prochain. De plus, KKB n'écarte pas un malheureux événement qui empêchera Bédié d'aller jusqu'au bout de son dernier combat - et il veut se tenir prêt "en cas de cas", ce qui ne manquera pas d'irriter "le vieux".

"Il ne s’agit pas d’une opposition frontale. Ma candidature est une candidature de prudence. Vous savez, personne ne prendrait le risque de parcourir une distance aussi longue qu’Abidjan-Korhogo en voiture sans prévoir un pneu de secours. Et bien, au PDCI-RDA, c’est la même chose, nous ne prendrons pas un tel risque." Ambiance...

Théophile Kouamouo




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