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Kyria Doukoure: Serges Koffi a été pris en pleine rue et envoyé vers une destination inconnue à ce jour


Publié le 10 Mai 2020 à 16:56
Source: Autres Sources
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Autres Sources

Je voudrais pour commencer avouer que je ne connais pas l’individu. Je n’ai jamais lu ses publications en dehors des captures d’écran qui circulent depuis quelques jours et qui peuvent être manipulées, déformées ou utilisées en dehors de leur contexte initial. Et pourtant, un texte utilisé hors contexte devient un prétexte.

A défaut donc de me prononcer sur le fond, je voudrais m’appesantir sur la forme, c’est-à-dire les conditions de son arrestation et de sa détention. Dans un État de droit, un individu soupçonné d’avoir commis une infraction reçoit une convocation pour se présenter devant les autorités en charge de dossier. Lorsqu’il est impossible de le localiser ou que l’on le soupçonne de vouloir se soustraire à la justice, on lance un avis de recherche public. Lors de son arrestation, on lui rappelle et ses droits et la possibilité d'avoir un avocat. Je constate cependant que cette procédure n’est pas respectée. Serges Koffi a été pris en pleine rue et envoyé vers une destination inconnue à ce jour. Son avocat qui s’est rendu à la préfecture de police n’a pu voir et échangé avec son client. C’est donc un rapt et non une arrestation. C’est du non droit et seuls les pouvoirs voyous fonctionnent ainsi.

Un individu arrêté doit connaitre les motivations de son arrestation et voir ses droits les plus élémentaires respectées. C’est pourquoi, certains procès sont simplement frappés de nullité lorsque la procédure adéquate n’a pas été appliquée. Sans préjuger donc du fond de l’affaire, je voudrais appeler au respect strict des droits de ce compatriote.

Mais au-delà de cette affaire, c’est la justice à géométrie variable pratiquée par ce pouvoir qui irrite les ivoiriens. C’est à croire que lorsque vous militez au RDR ou que vous avez le bon patronyme, vous pouvez vous permettre de dire tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux mais dès lors que vous êtes un opposant, votre traque est organisée avec une célérité déconcertante. Par exemple, lors de la marche priante des catholiques, plusieurs cyber-activistes pro RDR avaient lancé des appels au meurtre. Des mandats d’arrêt ont été lancé sous la pression de la clameur populaire et depuis lors, rien. Aucun d’entre eux n’a été arrêté à ce jour.

 Nous sommes donc dans un pays avec deux catégories d’ivoiriens : ceux qui ont le droit de commettre toutes les infractions qu’ils veulent, pourvu qu’ils soient partisans du pouvoir et ceux qui subissent constamment la justice aux ordres. C’est un état de non droit. Une république bananière.

Au procureur Richard Adou je voudrais rappeler que « Actus dicitur bonus qui est conformis legi et rationi. »




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