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Ouattara limoge « sans bruit » le président de la Chambre administrative qui avait invalidé le résultat à Grand-Bassam


Publié le 30 Avril 2019 à 16:35
Source: afriksoir.net
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Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

Pierre Claver Kobo limogé. Le président ivoirien, Alassane Ouattara a, par décret, nommé le mercredi 24 avril 2019, un nouveau président du Conseil d’Etat, mettant ainsi fin, de fait, aux fonctions du président de la désormais ex-Chambre administrative administrative de la Cour suprême.

Ce décret, adopté au titre des mesures individuelles en Conseil des ministres, indique que le magistrat hors hiérarchie, Patrice Yao Kouakou, est désormais le nouveau président du Conseil d’Etat, organe créé par la Constitution de 2016 et qui vient en remplacement de la Chambre administrative, jusque-là dirigée par Pierre Claver Kobo.

« Le Conseil a adopté deux décrets portant nomination du Président de la Cour de Cassation et du Président du Conseil d’Etat. Ainsi : Chantal Nanaba Camara, Magistrat Hors Hiérarchie Groupe A échelon unique, précédemment Présidente de la Chambre Judiciaire de la Cour Suprême, est nommée Présidente de la Cour de Cassation ;

Monsieur Patrice Yao Kouakou, Magistrat Hors Hiérarchie Groupe B après trois ans, précédemment Conseiller à la Chambre Judiciaire de la Cour Suprême, est élevé au rang de Magistrat Hors Hiérarchie Groupe A échelon unique et nommé Président du Conseil d’Etat », précise le communiqué du conseil des ministres tenu à Yamoussoukro.

Comme on le voit, Pierre Claver Kobo n’a pas été reconduit comme Mme Chantal Camara. Il est remplacé donc à ce poste par Patrice Kouakou. Une décision qui n’est pas du goût des proches du concerné. Ils disent regretter le manque d’élégance de la décision d’autant que rien n’est indiqué sur le sort de ce dernier. Ils estiment que le magistrat hors hiérarchie paye ainsi le prix de son indépendance.

MENACES CONTRE KOBO

Pour rappel, c’est lui qui avait invalidé les résultats des élections municipales à Grand-Bassam et à Port-Bouët, perdues dans un premier temps par le RHDP, avant qu’elles ne soient reprises à nouveau. À cet effet, Pierre Claver Kobo avait reçu de fortes pressions, notamment des membres du gouvernement, afin qu’il n’invalide pas à nouveau le scrutin à Grand-Bassam, comme cela se dessinait, du fait de graves irrégularités et violences ayant visé le fief électoral du maire-candidat PDCI sortant.

Le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, porte-parole principal du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), l’avait menacé par des mots à peine voilés, au cours d’une conférence de presse, pour ne pas qu’il invalide encore le scrutin municipal de Bassam.

Excluant l’éventualité d’un troisième scrutin municipal dans la commune, M. Adjoumani avait déclaré que la justice ivoirienne a déjà donné une deuxième chance à M. Ezaley. « Si elle venait à remettre en cause une fois encore la victoire du RHDP, elle porterait l’entière responsabilité des événements que pourrait engendrer une telle décision », l’avait-il mis en garde. La suite est connue.




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