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Présidentielle 2020 : Plusieurs fronts s’ouvrent contre Ouattara et Amadou Gon, ce que le Rhdp doit craindre


Publié le 30 Mars 2020 à 12:13
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Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), le parti présidentiel, est à l'épreuve de ses choix politiques et stratégiques, à 7 mois de l'élection présidentielle du samedi 31 octobre 2020. Ces choix politiques, dont le plus controversé est la désignation d'Amadou Gon Coulibaly comme candidat du Rhdp à la présidentielle, créent un véritable séisme au sein du parti unifié. En effet, bien avant la réunion du Conseil politique du Rhdp du 12 mars, déjà dans les coulisses, des voix s'élevaient pour s'opposer au choix du Premier ministre pour conduire l'équipe du Rhdp.

Marcel Amon-Tanoh avait affiché sa position clairement. Puis, c'était le tour d'Albert Toikeusse Mabri, le leader de l'Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d'Ivoire (Udpci), le deuxième plus gros parti en dehors du Rassemblement des républicains (Rdr) au sein du Rhdp, après le retrait du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) de Henri Konan Bédié, il y a deux ans, de dire non à Alassane Ouattara.

Depuis la prise de position publique d'Albert Toikeusse Mabri, réclamant un autre mode de désignation du candidat du Rhdp, plutôt que ce qui a été fait au Sofitel hôtel ivoire, à Cocody, ce 12 mars, on assiste à une levée de boucliers contre lui. Jeudi 19 mars, des cadres Rhdp issus de l'Udpci l'ont désavoué au cours d'un point-presse. Ont suivi, samedi 21 mars, à la Rue Lepic, la Coordination régionale, des élus et cadres du Tonkpi. Tous ont dit non à Albert Toikeusse Mabri, le désavouant.

Une chose est certaine, M. Mabri fait montre d'une certaine popularité dans sa région. Et ce, depuis de nombreuses années. Il est à la tête du parti fondé par le général Guéï Robert, depuis la mort de celui-ci, et bénéficie de la sympathie de chefs traditionnels de la région. Son influence à l'ouest, principalement dans la vaste région Dan, lui a valu le poste de deuxième vice-président du Rhdp.

Ouvrir un autre front à l'Ouest, après ceux déjà ouverts au Nord et au Centre, pourrait être préjudiciable au parti unifié qui envisage de faire « un coup K.O » à la présidentielle d'octobre. De fait, le Rhdp connaît déjà des résistances sur son terrain du Nord, en raison de sa brouille avec l'ancien président de l'Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro, député de Ferkessédougou et président du mouvement citoyen Générations et peuples solidaires (Gps). Aujourd'hui en exil en Hexagone, en raison d'un mandat d'arrêt international lancé contre lui, Guillaume Soro poursuit son offensive médiatique visant à présenter le Rhdp sous un prisme non reluisant.

Candidat déclaré à la présidentielle ivoirienne, il fait face à la justice de son pays. De même que ses principaux lieutenants, tous mis en prison pour « divulgations de fausses nouvelles ». Guillaume Soro, lui, est accusé d'attenter à la sûreté de l'État, dans un contexte pré-électoral tendu. Depuis, il est en guerre ouverte contre le parti d'Alassane Ouattara, qui devra se partager, avec le Pdci et le reste de l'opposition, les voix des électeurs du Nord, le moment venu.

Mission difficile pour le Rhdp

Une sortie de Mabri du Rhdp, comme l'a fait Guillaume Soro, rendrait plus difficile la percée que s'offrait le parti unifié à l'Ouest, une région réputée favorable à Laurent Gbagbo. On le sait, le Front populaire ivoirien (Fpi), que ce soit le camp Gbagbo ou le camp Affi N'Guessan, rêve de renverser la vapeur et voir le Rhdp retourner dans l'opposition. Du coup, le Centre-Ouest, le Guémon et le Cavally, majoritairement favorables à Laurent Gbagbo, deviennent des zones à reconquérir pour le Rhdp.

Il reste à Alassane Ouattara et au Rhdp, via Amadou Gon Coulibaly, d'empêcher une saignée de ce parti, à quelques mois de l'élection. Parce qu'en réalité, au Rhdp, contrairement aux déclarations qui sont faites çà et là, tous les militants, tous les élus et tous les cadres ne sont pas forcément pour le choix opéré, le jeudi 12 mars 2020, à Cocody.

Déjà que le Pdci donne du fil à retordre au parti unifié dans la partie centre du pays, bastion naturel de la formation politique de Henri Konan Bédié, voilà qu’Alassane Ouattara et son poulain Amadou Gon Coulibaly viennent de s'offrir une nouvelle guerre. Celle que vient de leur livrer ouvertement Marcel Amon-Tanoh, le ministre des Affaires étrangères démissionnaire. Cet originaire du Sud-Comoé, donc du Sud-Est, et un peu de la côtière, parce qu'ayant des liens de filiation avec la région des Grands ponts, particulièrement avec Jacqueville, pourrait se déclarer, lui aussi, candidat à la présidentielle.

Assurément, c'est un autre nœud à la gorge de la tête à penser du Rhdp. En effet, il devra désormais se faire à l'idée que deux hauts cadres du parti pourraient aller défier le candidat Amadou Gon Coulibaly à cette échéance électorale. Ils pourraient contribuer à effriter l'électorat du parti unifié en cette période pré-électorale déjà mouvementée.

Ce serait le pire scénario pour le Rhdp, à quelques mois de l'élection présidentielle. Parce que s'il est vrai qu’Amadou Gon Coulibaly, le député de Korhogo, est présenté comme la valeur la plus sûre pour remporter le scrutin au Rhdp, il n'en demeure pas moins qu’Albert Toikeusse Mabri et Marcel Amon-Tanoh constituent, chacun dans sa région, deux raisons suffisantes de faire douter le Rhdp. D'abord à cause de leur positionnement dans leurs régions respectives et aussi pour être ou pour avoir déjà été au cœur de la machine Rhdp au pouvoir. Sans compter que le reste de l'opposition est en embuscade, prête à saisir l'opportunité d'un retrait de ces deux personnalités de poids du Rhdp, pour porter l'estocade au parti unifié, en octobre.




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