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Procès de Guillaume Soro et ses proches au tribunal criminel : Comment les mis en cause démontent le dossier d’accusation


Publié le 09 Juin 2021 à 20:09
Source: lecourrierquotidien.com
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Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

Après cinq audiences, les interventions des proches de Guillaume Soro dans le procès ouvert au tribunal criminel d’Abidjan confirment l’innocence des accusés.

Comparaissant devant le tribunal criminel du palais de justice d’Abidjan pour les faits de trouble à l’ordre public, de diffusion de nouvelle fausse, d’attentat à la sureté de l’Etat… depuis le 19 mai, Soul to Soul, Alain Lobognon, Soro Simon, le commandant Kassé Jean-Baptiste et les autres accusés sont en train de démolir le dossier d’accusation du procureur de la République Adou Richard.

Après cinq jours d’audience, il ne reste plus grand-chose du dossier d’accusation. Si Adou Richard et les avocats de l’accusation s’étaient préparés à expédier les mis en cause comme un colis à la poste, ils vont devoir changer de fusil d’épaule tant ces derniers arrivent à balayer avec aisance les accusations portées contre eux devant le juge Bini et sa cour.

LES MILITAIRES

Accusé de détenir des armes à ses bureaux annexes de la Riviera Golf qui servent de siège à Générations et peuples solidaires (GPS) puis de s’en être débarrassé dans la lagune jonchant sa résidence d’Assinie, Guillaume Soro a été blanchi de cette charge par le commandant Kassé Jean-Baptiste. Devant la cour, le chef de la sécurité de l’ancien président de l’Assemblée nationale a non seule ment soutenu qu’il n’y avait aucun projet de déstabilisation avec lesdites armes, mieux leur patron ni aucun de ses proches ne savaient l’existence de ces armes en ces lieux.

Quant à la provenance des armes, l’officier de la Garde républicaine soutient qu’elles proviennent de la dotation d’arme de la garde rapprochée de Guillaume Soro depuis 2007 en ce moment ministre de la réconciliation nationale. Cette dotation selon ce militaire avait été faite par le Général Diomandé Vagondo, aujourd’hui ministre de la sécurité.

SOUL TO SOUL BALAIE L’ACCUSATION DE TROUBLE A L’ORDRE PUBLIC

Concernant l’accusation de trouble à l’ordre public, selon ce qui avait été dit, les partisans de l’ancien premier ministre s’étaient réunis le 23 décembre 2019 pour l’accueillir sans l’accord des autorités. Le passage à la barre de Koné Kamaraté Souleymane dit Soul to Soul, directeur de protocole du leader de GPS a permis de balayer cette thèse. Devant le tribunal, ce proche collaborateur de Guillaume Soro a affirmé que le comité d’organisation piloté par Méité Sindou aujourd’hui au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) de Alassane Ouattara avait tenu plusieurs séances de travail avec les autorités sécuritaires pour arrêter certaines dispositions.

Au dire de Soul to Soul, une rencontre a eu lieu avec le ministre de l’Intérieur qui a conduit l’équipe de Méité Sindou vers le directeur général de la police nationale. Après ces rencontres, le comité d’organisation a eu une séance de travail avec le préfet de police à l’issue de laquelle un itinéraire a été arrêté.

Pour étayer ses dires, le directeur de protocole de Guillaume Soro a dit devant la cour, « le 23 n’était pas notre date. Nous avions prévu accueillir le patron le 22 décembre. C’est à la suite de la séance de travail du 18 décembre avec le préfet de police d’Abidjan que les autorités nous ont demandé de faire l’accueil le 23 décembre car avec le Président Français Emmanuel Macron qui était là le 22, cela allait être difficile pour eux de suivre les deux activités ».

Il sera encore plus difficile pour le ministère public et l’accusation de démontrer que la conférence de presse animée par Alain Lobognon ce 23 décembre 2019 avait pour objectif de semer des troubles en provoquant un quel conque soulèvement populaire.

Comment pouvait-il en être autrement quand celui-ci, après avoir annoncé que l’avion du président de Générations et peuples solidaires a été dérouté vers le Ghana voisin n’a donné aucun mot d’ordre de manifestations aux partisans pourtant mobilisés pour l’accueil de leur leader. Aussi faut-il le rappeler, il n’y a eu aucun trouble dans ville d’Abidjan ce jour.

Après l’arrestation des cadres de GPS par les encagoulés, les partisans de Guillaume Soro sont rentrés calmement chez eux, certainement le cœur meurtri de voir leur leader empêché d’atterrir et ses collaborateurs embarqués par ces hommes armés en cagoule. Sur la question de la diffusion de nouvelle fausse concernant l’atterrissage manqué du jet qui transportait l’ancien premier ministre, qui semble d’ailleurs être l’un des nœuds gordiens du dossier, il sera facile de l’élucider avec les échanges entre le pilote et la tour de contrôle.

L’ELEMENT AUDIO

Le procureur de la république voudra certainement s’accrocher à l’enregistrement audio comme bouée de sauvetage. Là encore, il va falloir définir les circonstances et le cadre de son enregistrement.

Aux premières heures de l’affaire, Guillaume Soro avait été clair sur le cadre de la réalisation de cet élément que l’accusation présente comme la preuve irréfutable d’un projet de déstabilisation. Les avocats de la défense auront pour mission de faire exploser cette pièce comme cela est en train d’être fait pour les autres éléments du dossier depuis le 19 mai.

LA JUSTICE IVOIRIENNE A L’EPREUVE DE VERITE

La cour aura fort à faire dans cette affaire. Elle devra non seulement faire le procès de Guillaume Soro et ses compagnons, aussi, devra-t-elle faire son auto-évaluation avec ce procès. Les observateurs de la scène politique sont plus qu’unanimes sur un fait, ce procès est « purement politique ».

Il revient donc au juge Bini et sa cour de d’éviter par un jugement commandé de se présenter comme le bras punitif du pouvoir. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’absence de Méité Sindou dans le box des accusés, sachant que celui-ci occupait la présidence du comité d’organisation.

Soumahoro Kando, l’un des ex-détenus avait affirmé ne pas comprendre que « les invités à une fête soient convoqués devant la justice quand l’organisateur lui, n’est pas inquiété ».


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