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Rébellion du 19 septembre 2002 : Comment le camp Ouattara a détruit la lutte des Forces nouvelles


Publié le 23 Septembre 2021 à 11:06
Source: lecourrierquotidien.com
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Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

Entre le 19 septembre 2002 et le 19 septembre 2021, 19 ans se sont écoulés. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambition caressée par ceux qui ont porté la rébellion de 2002 est devenue une désillusion totale au vu de la gestion faite du pays par ceux qui ont bénéficié des retombées de cette rébellion pour revenir dans le jeu politique et accéder au pouvoir.

En enclenchant une rébellion le 19 septembre 2002, les Forces nouvelles prenaient le noble pari d’aider la Côte d’Ivoire à s’inscrire dans les valeurs qui caractérisent les grandes nations du monde.

A savoir, instaurer la démocratie, mettre fin au communautarisme, au clanisme et au népotisme dans la gestion des affaires publiques, et l’instauration d’une justice juste, équitable, indépendante et non inféodée à l’exécutif, l’accès de tous les acteurs politiques aux médias publics et la proscription des exils politiques en Côte d’Ivoire.

Cela a permis à Alassane Ouattara qui était l’homme politique le plus visé par l’exclusion politique de revenir dans le jeu et de pouvoir se présenter à l’élection présidentielle d’octobre 2010.

Candidat à la magistrature suprême, l’ancien fonctionnaire du FMI avait fait sienne les revendications portées par la rébellion des Forces nouvelles. Il s’était engagé, une fois au pouvoir, d’être le président de tous les Ivoiriens, de contribuer au renforcement de la cohésion sociale, de promouvoir la démocratie et la justice en assurant l’indépendance des institutions à charge de celles-ci.

19 ans après le déclenchement de la crise militaro-politique qui a ouvert les portes du jeu politique au Premier ministre de Félix Houphouet-Boigny et plus de 10 ans après son exercice du pouvoir, le constat est amer.

Non seulement les objectifs qui ont motivé la partition du pays en deux n’ont pas été atteints. Pis, nous assistons à une régression de la démocratie, à l’accentuation des violations des libertés, à la gestion clanique du pays sans parler de la justice qui est devenue la main répressive du parti présidentiel.

Le rêve de ne voir aucune et aucun fils de la Côte d’Ivoire contraint à l’exil pour ses positions politiques, la fin des emprisonnements politiques et d’opinions sont restées un vœu pieux. Si ceux qui ont engagé la rébellion de 2002 caressaient le rêve de voir une justice équitable et démarquée de la dictée de l’exécutif, on peut le dire sans hésitation aucune, leur réveil a été brutale 19 ans après. Celui qui a été porté au pouvoir par leur lutte a réussi à dépasser ses prédécesseurs dans la mise sous tutelle de l’institution judicaire.

La justice n’a jamais été autant utilisée par un pouvoir pour régler ses comptes aux opposants en Côte d’Ivoire que sous Alassane Ouattara. Du Pdci d’Henri Konan Bédié au Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo en passant par le GPS de Guillaume Soro, tous ont été touchés par la justice répressive aux ordres du palais présidentiel.

Les arrestations et autres emprisonnement fantaisistes sont devenus le lot de tous ceux qui osent porter une voix contraire à celle d’Alassane Ouattara et du Rhdp. Les médias d’Etat ont leur ligne éditoriale teintées aux couleurs du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix.

Parler de justice sociale sous Alassane Ouattara, c’est faire de l’euphémisme tant la gestion étatique est clanique. Sous le pouvoir en place, le clan a pris le pas sur la nation. Ainsi, pour accéder à des hautes fonctions, la compétence ne suffit pas. Mieux, elle n’est pas tant exigée que ça.

Il faut appartenir au parti présidentiel. Même lors des concours d’accès à la fonction publique, la part belle est faite aux militants du Rhdp qui, d’ailleurs, ne se cachent pour l’afficher sur les réseaux sociaux. Les Ivoiriens ont encore en mémoire, la très célèbre boutade d’Adama Bictogo, directeur exécutif, « si tu n’es pas Rhdp, tu libères le tabouret ».

L’instauration de la démocratie qui était la pierre angulaire de la lutte de ces jeunes gens est certainement la plus malade aujourd’hui. Loin de promouvoir la démocratie à travers un conseil constitutionnel et une Commission électorale, neutres, crédibles et arbitres du jeu électorale, Alassane Ouattara a fait main basse sur ces institutions.

Concernant la Commission électorale indépendante, suite à une requête du Pdci avant la présidentielle de 2020, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples avait constaté son déséquilibre et ordonné aux autorités ivoiriennes de la réformer.

Cette injonction est tombée dans des oreilles de sourds. Le pouvoir d’Abidjan a poussé la bouchon loin en refusant non seulement d’exécuter la décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, une juridiction internationale ; mais plus grave, il lui a retiré la déclaration de compétence de la Côte d’Ivoire, privant ainsi les Ivoiriens de pouvoir se soustraire de la justice ivoirienne aux ordres pour solliciter une justice indépendante.

19 ans après le 19 septembre 2002 qui, d’une certaine manière, a favorisé l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir, le rêve d’une Côte d’Ivoire démocratique, réunie, où règne l’équité, la justice sociale et débarrassée de toute prééminence du clan au profit de la nation, est demeuré un projet voire un vœu pieux.

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