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Situation politique: Ce que Bédié a toujours caché aux Ivoiriens, des révélations à couper le souffle


Publié le 09 Novembre 2019 à 11:56
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En même temps que le « Sphinx de Daoukro » descend dans les abîmes de son cœur lorsqu’il évoque le premier coup d’État de l’histoire de la Côte d’Ivoire, en décembre 1999, dont il a été la cible, l’ancien chef de l’État revisite les jours glorieux de sa vie, du collège en passant par sa première rencontre amoureuse  avec celle qui sera son épouse, Henriette Bomo Bédié. HKB parle également d’une autre rencontre, celle avec Félix Houphouët-Boigny, député, en 1949, à Dimbokro, alors qu’il était jeune collégien. Cette rencontre scellera, à jamais, son destin politique et celui d’homme d’État. À la lecture de cette interview, on découvre l’homme, on feuillette avec lui, sa vie et l’on appréhende, dans toute sa dimension, surtout sa passion pour la Côte d’Ivoire, qu’il a commencé à servir à l’âge de 27 ans. L’effet moral de cette grande rencontre a été positive sur la vie politique et sociale de Henri Konan Bédié.

Une autre rencontre avec le président Houphouët sera un moment capital, voire décisif pour le jeune étudiant qui venait de finir ses études de droit à Poitiers. « Ma première rencontre avec Houphouët-Boigny date de 1949.

Elle a eu lieu à Dimbokro, ma région natale. J’étais un simple collégien. Houphouët était alors député du département de la Côte d’Ivoire. Il avait pris le train de Ouagadougou pour Abidjan, et il s’était arrêté pour donner une tirade sur la place publique et exhorter les militants à la lutte pour l’émancipation de l’Homme noir. Ma deuxième rencontre date de 1958, dix ans plus tard ou presque. Je venais de finir mes études de droit et d’économie à l’université de Poitiers. J’étais major de ma promotion à l’Ena (École nationale d’administration), sise à Paris. Il m’a reçu pour m’informer d’aller à ce stage à Paris. C’était un moment où le Général De Gaule et les chefs d’État africains francophones préparaient l'indépendance de ces colonies et avaient pensé à former des cadres pour animer la vie politique de ces pays », se souvient HKB.

Puis, il y a eu cette autre rencontre, la dernière entre les deux hommes, au moment où Houphouët-Boigny, dont la santé déclinait, s’apprêtait à aller « pour l’opération nécessitée par sa maladie qui le rongeait ». C’était à l’hôtel de Masseran, la résidence d’Houphouët-Boigny à Paris. « Il m’a reçu et m’avait donné des conseils sur la conduite à tenir en son absence au pays ». « Ni lui ni moi ne savions que ce serait la dernière rencontre », fait observer le président du Pdci. C’est à ce niveau que Bédié fait preuve de grande honnêteté morale vis-à-vis de la mémoire d’Houphouët, qu’il n’a pas voulu attenter avec des contre-vérités sur la succession.  

Premier couac politique avec Ouattara

« Mais, il ne m’avait jamais parlé directement de sa succession. Il s’en était ouvert à certains de ses conseillers, avec ordre, évidemment, de ne rien me dire… Mais, déjà, à cette époque, il y avait des fuites et je connaissais ses sentiments à mon égard ». 

Président de l’Assemblée nationale au moment de la disparition d’Houphouët, c’est par le canal des proches d’Houphouët-Boigny et non par les autorités publiques d’alors, incarnées par le chef du gouvernement, le Premier ministre, Alassane Ouattara, qu’il apprend la douloureuse nouvelle de la mort d’Houphouët-Boigny. « J’étais à Abidjan et j’ai appris la nouvelle par son entourage et sa famille », révèle l’ancien chef de l’État.

Ce tournant de l’interview réveille en Bédié un souvenir peu agréable, lié au passage « forcé » de témoin entre lui et Alassane Ouattara, qui ouvre entre les deux hommes, des démêlés, mineurs au départ, mais qui vont finir par se transformer en conflit politique sans merci. Et Bédié d’évoquer, pour la  première fois, depuis 26 ans, les circonstances exactes du premier couac, voire du premier bras de fer entre lui et l’actuel chef de l’État, Alassane Ouattara. « À la mort du président Houphouët-Boigny, j’avais proposé à Alassane Ouattara de continuer comme Premier ministre. En ma qualité de président de l’Assemblée nationale, j’étais le successeur désigné par la Constitution. Mais, Ouattara a refusé. Il m’a dit qu’il avait une invitation du Fonds monétaire international (Fmi) pour travailler auprès de cette institution. Il est donc parti à Washington, immédiatement », indique-t-il.

Mais, bien plus, Bédié juge offensant et outrageant à la mémoire d’Houphouët-Boigny, l’absence de son seul Premier ministre de l’histoire, Alassane Ouattara. 

C’est ici que le président du Pdci émet de sérieuses réserves, quant à la fidélité  d’Alassane Ouattara à Houphouët-Boigny ; lui n’a pas fait honorer sa mémoire. « D’ailleurs, il y a une chose que beaucoup de gens ne savent pas : il (Alassane Ouattara) n’a même pas assisté aux funérailles du président Félix Houphouët-Boigny. Il est donc surprenant de le voir aujourd’hui se dire « Houphouétiste » et de vouloir fonder un mouvement de rassemblement des Houphouetistes, alors même qu’il a fondé un parti à lui dénommé Rhdp-parti unifié ».

L’ancien  chef de l’État revient sur le coup d’État du « père noël » en treillis de 1999, le Général Robert Guéi.

HKB a vidé ce qu’il a sur le cœur, pour la première fois… Il a totalement blanchi le Général Robert Guéi et porté des accusations directes contre des « civils » dont il se garde de citer nommément. Aujourd’hui, si la catharsis, avec pour effet l’extériorisation des traumatismes vécus, a fait son effet, Henri Konan Bédié n'a pas tenu rigueur au Général Robert Guéi qui n’était qu’à ses yeux, un simple bouc-émissaire, pour ne pas dire un lampiste, dans ce vaste complot perpétré contre son régime.

« C’est un complot. Le Général Robert Guéi, certes, portait le chapeau, mais en réalité, il s’agissait d’un coup fomenté par des civils, par les chefs de file de partis politiques connus, et qui s’étaient tournés vers le Général Guéi pour lui demander d’endosser l’opération. Le Général a cité les partis politiques pour qui le putsch a été fait. Donc, je connais les auteurs véritables de ce coup, mais je ne veux pas dire qui ils sont …

Rencontre avec Gbagbo…   

Non, je ne lui ai pas tenu rigueur. Je lui ai pardonné à mon retour d’exil. En politique, il est nécessaire de pardonner beaucoup », a-t-il déclaré. 

Le président du Pdci est revenu sur ses premiers pas envers celle qui sera l’amour de sa vie. Celle-ci épongeait, tendrement, son visage, lors du meeting géant du Pdci, récemment à Yamoussoukro, à la Place Jean-Paul II. Le couple Bédié a célébré, le jeudi 17 mai 2018, à la chapelle de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (Ucao), une messe d’actions de grâces, à l’occasion de ses 60 ans de mariage, équivalent des noces de diamant.

Le curé de l’Église Saint Jean de Cocody, le père  Hippolyte Agnigori et le collège des prêtres avaient prié pour Henri et Henriette Konan Bédié. Ils ont demandé à Dieu de les protéger le plus longtemps possible et de les aider à renforcer ce lien de mariage qui les unit depuis 1958. « C’est vrai que Henriette est ma conseillère, mais pas sur toutes les questions, seulement sur les questions importantes ou graves », révèle le président du Pdci.

C’est une simple photo de la « biche royale » qui a « enflammé » l’homme qui sera l’homme de sa vie.  C’était le coup de foudre. « Je l’ai rencontrée au collège. J’étais collégien et son frère, qui était dans une autre promotion, était mon protégé. Un jour, j’ai découvert la photo d’Henriette dans ses affaires. Immédiatement, j’ai sauté dessus et j’ai saisi cette chance », raconte Bédié. Et de demander aux jeunes « d’être très proches et fidèles à leur engagement » et de maintenir un « dialogue constant avec leurs épouses ».

À quelle heure se lève Bédié ? Quel exercice fait-il ? A-t-il un régime alimentaire rigoureux ? L’homme d’État  et probable candidat du Pdci répond :  « Je me lève à cinq heures du matin, tous les jours. Et, je m’astreins à un régime alimentaire particulier.

Depuis ma cure à Biarritz, au mois de juillet (2019), je suis rigoureusement un régime prescrit par ma nutritionniste », révèle le prince Nambè. De toutes les hautes fonctions et responsabilités qu’il a eu à assumer en Côte d’Ivoire, c’est le poste de ministre de l’Économie et des finances qui a plus marqué l’ancien chef de l’État. La raison réside dans le fait que ça lui a valu, selon lui, « plus de détermination et d’engagement pour mes convictions ». « Je dirai, la fonction de ministre de l’Économie et des finances.

En effet, battre monnaies et satisfaire aux besoins de notre administration et ceux de mes concitoyens, a été pour moi une tâche exaltante, car pleine de défis à relever au quotidien… Dans cette fonction, j’ai eu la nette perception d’avoir participé à la construction du bonheur de mes concitoyens au cours de la décennie glorieuse de notre développement économique et social, de 1965 à 1977 », soutient-il.

Selon HKB, « la Côte d’Ivoire va mal sur tous les plans », aujourd’hui. « Il y a des inquiétudes, des incertitudes, des nuages », fait-il valoir. La rencontre de la Belgique, avec Laurent Gbagbo résulte d’une volonté commune, explique Bédié. « La rencontre a été voulue des deux côtés. De mon côté, je souhaitais rencontrer l’ancien président Laurent Gbagbo, parce que je ne l’avais pas vu depuis son départ en exil, soit près de dix ans. De son côté, il avait besoin de réconfort, de la part d’un acteur important de la politique ivoirienne », dit Bédié.

Qui dit l'avoir trouvé « en bonne forme ». « Il avait bon moral. J’ai retrouvé là, le combattant politique de toujours », se réjouit-il. Globalement, HKB estime que « la vie de la nation et le tissu social et politique se désagrègent », appelant à la mise en place « des bases saines de l’alternance démocratique ».  « Je suis un homme de devoir. Et de mission. Si le peuple m’appelle, je ferai mon devoir et s’il me confie une mission, je l’accomplirai », affirme le candidat naturel du Pdci-Rda.




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